Notre Tour du Monde en Vélo et en Famille. Vivre autrement… Rêver notre vie… Vivre nos rêves…
Voici plus de 8200 km que nous suivons un long, très long ruban d'asphalte....
Et voici que, 150 km après Oruro, nous en sommes arrivés à bout ! A compter de ce jour, et jusqu'à la frontière argentine, nous voici sur de la piste...
Et bien, ce n'est pas une légende, la piste, c'est dur !! Et entre 3500 et 4000 mètres, c'est encore plus dur !
D'autant plus que la piste n'est pas le petit chemin caillouteux que nous avions emprunté par moment lors de notre galop d'essai le long du canal du midi... Ici, c'est un peu à l'image du Paris-Dakar ! Ce n'est pas pour rien qu'il passera bientôt pas loin d'ici ! Pourtant je ne pense pas que dans l'édition 2009, beaucoup de bicyclettons se soient engagés! Dans tous les cas, vous ne verrez pas notre équipe, car la piste, c'est DUUURRRR !
Nous y avons pédalé plus de 100 km, avec quelques chutes sans gravité: l'avantage, c'est que nous n'allions jamais très vite !
Et bien, nous avons retrouvé beaucoup de sensations décrites par nos amis les motards du Dakar !
Tout d'abord, la tole ondulée: ça, c'est vraiment pas drole... Il parrait qu'en moto, on peut, à une certaine vitesse, combattre ses effets. Nous avons essayé, mais impossible d'atteindre les 80 km/h requis pour annuler les bosses ! Résultat: c'est dur pour les jambes, pour le dos, pour les fesses, et surtout pour les bras.... ça tappe, ça saute, ça vibre, ça n'amuse personne ! Ou plutôt si !! Parfois, Marick qui fait des vocalises version "Julien clerc·", et qui adore entendre sa voix qui tressaute ! Espérons que sa carrière soit aussi longue !
Ensuite, le sable.... Le truc que l'on adore sur la plage, lorsqu'il est si fin qu'il nous caresse les doigts de pieds, et qui ici, nous fait poser le dit pied à terre dès qu'il dépasse 2 à 3 cm d'épaisseur.... Et là, on en oublie qu'on l'a aimé un jour, ou qu'on l'aimera à nouveau (en nouvelle calédonie, par exemple !!). Un banc de sable, et nous en sommes immédiatement réduits à pousser nos lourdes montures, au son de Faustine qui n'apprécie absolument pas ce genre de sport, et nous le fait savoir généreusement !
Enfin, il y a la boue... Il semblerait qu'il ne faut pas trop que l'on se plaigne, car nous n'en n'avons pas trop eu tout de même: la saison des pluies arrive doucement, mais semble heureusement un peu en retard cette année... Nous avons pourtant testé le désastre que rouler dans la boue veut dire: ça glisse, un peu, beaucoup, ennormémet, à la folie ! La glaise se colle aux pneus, et on ne peut plus rien contrôler: ça glisse, ça patine, ça nous fait prononcer quelques mots de´conseillés aux moins de 15 ans !
Et puis il y a les fois où 5 cm plus à gauche, c'est la tole ondulée, et 5 cm plus à droite, c'est le sable.... Il faut rester sur le fil du rasoir, ou choisir: j'ai mal aux fesses, au dos et aux bras, ou je m'enlise un peu dans le sable, au risque de me vautrer par terre ???
Bref ! Après 2 jours de ce petit jeu si peu amusant, c'est à l'arrière d'un généreux pick-up que vélos et bagages termineront les 90 km de pistes qui restent pour arriver à Uyuni ! Les bicyclettons, quant à eux, s'entasseront à 5 surt la banquette arrière du dit pick-up, remerciant à n'en plus finir le chauffeur et ses 2 passagers (eux-même entassés à l'avant ), d'autant plus que la politique de leur entreprise (d'ingenérie minière) leur interdit de prendre des passagers !
Admettons qu'il s'agissait d'un cas de force majeure !!
Il serait pourtant malhonnête de résumer cette étape à une galère continue...
Nous avons traversé de magnifiques troupeux de lamas, mangé au bord d'une laguna remplie de flamans roses, traversé des paysages de roches oranges particulièrement érodées, desquelles nous pensions voir déboucher une tribu sioux ou apache d'un instant à l'autre... Nous avons eu le plaisir de ne croiser que 1 ou 2 véhicules par heure... J'ai personnellement pu tomber de mon vélo et rouler dans le sable sans me faire mal ! Marick a adoré traverser quelques petites rivières, encore peu gonflées par la pluie... Et les grands n'ont pas détesté non plus le fait de ne pas faire l'école, pour cause de " c'est trop dur de rouler sur la piste, on va pas en plus faire l'école ! ..."
Puis nous arrivons donc à Uyuni fourbus mais heureux, pressés de voir enfin ce salar qui nous fait rêver depuis tant de mois...
Et là, ce sont les vacances... Nous mettons les vélos à l'écurie avec une botte d'avoine pour 1 semaine (ils l'ont bien mérité !) le temps pour nous de visiter (en 4x4 !) le salar d'Uyuni, le sud lipez, et la magnifique Potosi....